27/01/2015 | Creil

Un aérodrome d'affaires à la place de la base aérienne ?

Stéphanie Hancq | 27 Janv. 2015, 07h00 | MAJ : 27 Janv. 2015, 04h39

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D’ici dès l’an prochain, plus aucun avion militaire ne décollera des pistes de la base aérienne 110. Une opportunité qui pourrait profiter aux compagnies civiles. (LP/Arnaud Journois.)

Et si Creil devenait un petit Bourget ? L'idée, loin d'être farfelue, est actuellement étudiée par les collectivités et les instances économiques du Bassin creillois. Les avions militaires de la base aérienne 110 pourraient en effet laisser place aux jets privés dans les années à venir.



D'ici à 2016, plus un seul avion de l'armée française ne décollera en effet de la BA 110 de Creil. Fini les départs des rafales de la permanence opérationnelle qui protégeaient Paris. Terminés aussi les allers-retours des Escadrons de transport CASA. La plate-forme aérienne doit en effet fermer et, d'ici un an, toute activité aérienne militaire cessera en Picardie. En tout, ce sont 500 hommes -- sur les 3 000 actuels -- qui partiront. Un nouveau coup dur pour le Bassin creillois dont les conséquences économiques et sociales inquiètent les entreprises et les collectivités du secteur*. Alors quid de cette énorme plate-forme ?

Depuis l'annonce de cette restructuration, faite en octobre 2014 par le ministre de la Défense, un contrat de redynamisation de site de Défense (CRSD) est en cours d'élaboration. En clair, l'Etat redessine l'avenir de la base. Les objectifs sont simples : proposer aux élus et acteurs du Bassin creillois des alternatives pour faire vivre la base et « compenser » le départ des troupes. L'Etat financera les projets via des enveloppes budgétaires. Deux réunions ont déjà été organisées et un « diagnostic » sur les conséquences de ces départs a été établi. « Les choses avancent vite », assure le colonel Cyril Carcy, commandant la base aérienne de Creil. Une partie des terrains devrait ainsi être cédée aux collectivités. L'extension du parc d'activités Alata, situé sur Verneuil et Creil, a d'ores et déjà été évoquée. Autre idée : l'ouverture d'une plate-forme aérienne d'affaires et de tourisme. « Les pistes sont en très bon état. Elles peuvent accueillir des activités aéronautiques sans problème. Et les possibilités sont nombreuses », estime le colonel Carcy.

Une « piste » de réflexion que partage le maire PS de Creil, Jean-Claude Villemain. « C'est une idée, oui. On pourrait imaginer du transport de fret pour les entreprises, un lieu d'atterrissage pour les hommes d'affaires... » Mais l'élu nuance : « Il faut que l'on ait une démarche prospective. Il faut savoir si c'est rentable avant de lancer un quelconque projet. » Car si les pistes sont praticables, leur entretien coûte cher. « Qui payera ? », interroge l'élu. Cette reconversion obligerait également à revoir la sécurité du site, dans la mesure où le renseignement militaire (2 300 hommes) reste sur place.

En attendant, les deux utilisateurs civils de la BA, dont l'aéro-club de Creil-Senlis-Chantilly fait partie, s'impatientent. À commencer par l'IGN (Institut géographique national) qui dispose de quatre avions lui permettant d'effectuer des vues aériennes pour réaliser ses cartes. « Il faut que l'on se décide vite car l'IGN ne peut pas attendre », estime Jean-Claude Villemain. L'Etat présentera son plan d'actions à l'automne prochain. « Il faudra aller vite ensuite... ».

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