DU HAUT DE SAINT-CHRISTOPHE, ONZE SIECLES VOUS CONTEMPLENT

Au XIXe siècle, l’Abbé Vattier relate, dans le Cartulaire du Prieuré [registre des actes juridiques], la fondation d’une petite abbaye sur la colline d’Hermenc ou Hermene, appartenant aux chanoines de Saint-Pierre de Beauvais. Ceux-ci se placèrent en 1061 sous la protection de Waleran, Grand-Chambellan de France [chargé d’administrer le Trésor et les finances du Royaume], qui leur permit d’exploiter « la terre d’Hermenc où était bâtie l’Eglise, avec toutes ses Coutumes, avec tous les hostes, serfs et serves qui lui appartenaient (…) avec aussi la métairie de Fleurines » alors très excentrée.

Le roi Philippe 1er, fils d’Anne de Kiev, ratifia toutes les donations, et accorda à l’abbaye une charte d’immunité et d’autres revenus. Waleran obligea ensuite en 1083 les moines à se soumettre aux règles plus strictes de l’ordre bénédictin de Cluny.

Les rois de France continuèrent longtemps à chasser en Halatte durant leurs séjours à Senlis. Philippe IV le Bel y venait souvent ; maudit par le Grand Maître des Templiers, il mourut en 1314 des suites d’un accident de chasse et ses fils, frappés à leur tour, seront les derniers Capétiens directs. Philippe VI de Valois y rencontra secrètement en 1331 Edouard III d’Angleterre pour tâcher, en vain, de régler le contentieux qui opposait les deux monarchies. Henri IV fréquenta plutôt Verneuil-en-Halatte.

 

Le cloître et les bâtiments fort importants du Prieuré, sur le versant nord, ont disparu. Reste l’Eglise, belle construction du XIe siècle en forme de T. Elle a une abside carrée, trois fenêtres romanes, décorées d’ornements en zigzags et dents de scie. A l’intérieur, les colonnes et chapiteaux sont romans, mais les arcades ébauchent déjà la forme d’une ogive. On voit encore quelques traces de peinture sur les chapiteaux. La grande porte est en plein cintre et la corniche, romane.

 

LE HERISSON D'HALATTE   3, le FIEF  60700 FLEURINES 

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