POUR CRÉER UN VILLAGE :

D’abord de l’eau

On pourrait s’étonner qu’un village de presque 500 personnes en 1790, et des activités artisanales grandes consommatrices d’eau, se soient fixés en un lieu sans rivière. En fait, l’eau, filtrée par les sables, venait de nombreux puits (Puits Berthaud, Grande Fontaine en haut de la rue de l’Eglise, fontaine de l’Obélisque) et sources, liés à la présence de multiples strates d’argile imperméabilisantes. Certaines caves sur la colline doivent encore être équipées d’un système de pompage.

Le problème de l’eau demeure à Fleurines : une partie des nappes phréatiques a été polluée par des désherbants (atrazines), l’eau du robinet n’étant plus consommable par les habitants « fragiles », un nouveau forage est en cours, financé par la collectivité : une urgence pour une population qui a triplé en 45 ans !

 

Ensuite un sol

Sous l’Ancien Régime, les principales activités du village, outre l’agriculture vivrière, étaient liées à la forêt (bûcherons, scieurs de long, charbonniers, gruyers, lattiers [fines lattes pour soutenir plâtres et enduits], cordiers [cordes d’écorces de tilleul torsadées], sabotiers, charrons,…).

Le coteau sous Saint-Christophe se prêtait à la culture de la vigne, produisant de la « piquette », sur les terrains à cailloux des Grouettes.

La première batteuse à vapeur apparut en 1860 à Saint-Christophe. Jusqu’alors le blé était battu au fléau par les ouvriers, souvent originaires de Belgique ou de Pologne.

Mais ces seules productions, sur un sol relativement ingrat, ne peuvent à elles seules expliquer le développement du hameau de Fleurines.

 

Et un sous-sol

D’autres activités étaient liées à l’exploitation du sous-sol : carrières de pierre et de sable, tuileries.

Les tuileries furent actives jusqu’au début du XXe siècle. Dans le sol glaiseux des Fouilleux, de l’Argilière, des Usages, on a extrait des milliers de mètres-cubes d’argiles variées pour la fabrication de tuiles et carreaux.

Fleurines était l’un des rares villages du secteur dont les toits étaient couverts de tuiles, signe de relative prospérité. En 1837 par exemple, quatorze établissements employaient 150 personnes, hommes, femmes (… et enfants, payés au 1/5e du salaire d’un homme). Ils ont produit cette année-là 4 millions de tuiles, 300 000 carreaux et 300 000 briques. Dix-sept fours cuisaient encore avant 1914. Le dernier four en état est encore visible dans le parc du restaurant Le Vieux-Logis (), près du lieu-dit La Tuilerie.

Cette activité, pratiquée pendant des siècles, a suscité des démêlés juridiques épiques entre les tuiliers, extrayant contre redevance jusqu’à 4 000 m3 de glaise par an, ce qui explique la présence en forêt de très nombreuses excavations, et les paysans désireux de faire « pasturer » leurs bêtes

 

Sources : Graves, Précis Statistique des cantons de Senlis et Pont – Vattier, Cartulaire du Prieuré de Saint-Christophe - R.Ana, Histoire de Fleurines et de Saint-Christophe-en-Halatte. – Publications du G.E.M.O.B. (Groupe d’étude des monuments et oeuvres d’art de l’Oise et du Beauvaisis)

 

 

LE HERISSON D'HALATTE   3, le FIEF  60700 FLEURINES 

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